Intervenants de la matinée :
Accueil et présentation de la matinée :
Florent BARNABÉ, en charge du pôle éco-innovations à Paris Développement, initiateur et co-fondateur d’INNOV’ECO

Intervenants
Présentation d’ouverture :
Jean-François DONZIER, Directeur Général de l’Office International de l’Eau

Table ronde
Animée par :
Walid MALOUF, Directeur France de la Fondation Clinton Initiative Climat, co-fondateur d’INNOV’ECO
Autour des invités :

  • Isabelle KOCHER, Directrice Générale de Lyonnaise des Eaux
  • Pascal GUASP, Président de l’Eau Pure, Président du SIEP
  • Olivier JACQUE, Chef du service technique de l’eau et de l’assainissement – Ville de Paris
  • Matthieu ROYNETTE, Ingénieur, auteur de 100 pionniers pour la planète

Closing key note
Assaf BARNEA, CEO of Kinrot Ventures

Conclusion de la plénière

  • Richard YOUNGMAN, Managing Partner, Cleantech Group
  • Hubert DUAULT, Directeur Général de Paris Développement

> Voir les inscrits de l’édition du 24 septembre 2009 sur l’eau

> Article INNOV’ECO – La Tribune (septembre 09)

Reportages diffusés lors d’INNOV’ECO : introduction de la thématique et 3 PME éco-innovantes franciliennes dans le domaine de l’eau :


Introduction – A
quae Environnement


Vertelis –
Watchfrog

 

Interviews réalisées lors d’INNOV’ECO :

 

Film sur les PME cleantech membres de Durapole, dans le domaine de l’eau :

 

Interview d’Anne Le Strat, Adjointe au Maire de Paris chargée de l’eau, de l’assainissement et de la gestion des canaux et Présidente d’Eau de Paris :

Compte rendu de la conférence plénière, proposé par Ernst&Young :

La troisième rencontre INNOV’ECO a amené 250 acteurs qualifiés de l’écosystème cleantech francilien à réfléchir et débattre des questions d’économie et de protection de la ressource en eau. La rencontre est ouverte par Florent Barnabé, en charge du pôle éco-innovation à Paris Développement, initiateur et fondateur d’INNOV’ECO, qui pose le débat : « quelles créations de richesses et d’emplois dans notre région, en réponse aux urgences environnementales ? » – c’est là la question centrale des conférences INNOV’ECO, avant d’entrer dans le vif du sujet de la matinée : « quels besoins d’innovation et quelles perspectives d’éco-développement en réponse aux multiples problématiques de l’eau à l’échelle du globe ? ». Il présente ensuite le déroulement de la conférence en trois temps :
– un premier temps durant lequel Jean-François Donzier, Directeur Général de l’Office International de l’Eau, présente les enjeux mondiaux de l’eau, les besoins et opportunités d’éco-développement
– un deuxième temps d’échange durant lequel Walid Malouf, Directeur France de l’Initiative Climat de la Fondation Clinton, et co-fondateur d’INNOV’ECO animera une table ronde autour de Isabelle Kocher, Directrice Générale déléguée de Lyonnaise des Eaux, Pascal Guasp, Président de l’Eau Pure, et Président du SIEP, Olivier Jacque, Chef du service technique de l’eau et de l’assainissement de la Ville de Paris et Matthieu Roynette, ingénieur et auteur de 100 pionniers pour la planète
– un troisième temps durant lequel Assaf Barnea, CEO de Kinrot Ventures, mi-incubateur, mi-capital-risque focalisé sur les technologies de l’eau, partagera avec l’assistance son expérience en matière d’éco-technologies dans le domaine de l’eau à l’échelle internationale

Jean-François Donzier ouvre le débat avec un constat : « la crise de l’eau est un facteur limitant du développement ». La crise de l’eau est en fait la somme d’une multitude de crises différentes : le stress hydrique qui touche 1/3 de la population mondiale, le stress sanitaire lié au problème de la « mauvaise eau » qui tue autant si ce n’est plus que les pandémies contemporaines les plus importantes, et le stress social lié à la « corvée d’eau » qui entrave fortement le développement économique et humain des populations rurales, et principalement les femmes. Mais M. Donzier précise rapidement que « c’est un problème de consommation, pas de ressources », c’est-à-dire qu’avant de chercher des ressources supplémentaires (captages) ou de substitution (dessalement, réutilisation, etc.), il faut identifier des leviers permettant de réduire les consommations des usagers. Ainsi, la collectivisation des services d’eau en milieu urbain n’est pas généralisée bien qu’elle procurerait des bénéfices tangibles à des populations principalement pauvres qui paient très cher une eau rare et de qualité souvent médiocre. Là encore, les obstacles sont souvent institutionnels, ne permettant ni la mise en place d’un système pérenne, ni le transfert d’expérience, clé de voûte de la pérennisation de l’exploitation à l’échelle locale. Par ailleurs, les 2/3 de l’eau d’irrigation utilisée sont tout simplement perdus. 85% des eaux usées ne sont pas traitées dans les pays en développement et finissent par détériorer la qualité des ressources. La restauration hydromorphologique des cours d’eau peine à s’imposer comme un élément central de la préservation des milieux aquatiques.

En réponse à une question de l’assistance portant sur le développement de l’utilisation d’eau de mer riche en microalgues à des fins agricoles, M. Donzier aborde un aspect central de la crise de l’eau : « c’est la somme de crises locales à laquelle il faudra apporter des solutions locales ». La substitution des ressources d’eau douce par des ressources salines, que ce soit pour la consommation humaine (dessalement) ou pour l’irrigation, est difficilement généralisable et ne saurait par exemple être transposée à des localités éloignées des côtes.

Dans son introduction de la table ronde, Walid Malouf rebondit sur cet aspect de la crise pour poser le débat : quelle est la nature des enjeux au niveau du territoire francilien, et quel rôle peut et doit jouer l’innovation technologique en réponse à ces crises ? Quel type d’innovation (pas seulement technologique) s’agit-il d’encourager et comment ? Quels sont les principaux enjeux locaux à l’échelle du globe, et quelles réponses leur apporte-t-on ?

« La meilleure solution à un endroit peut être complètement inadaptée dans une localité voisine » martèle Olivier Jacque. En région Parisienne, la nappe de Champigny est surexploitée alors qu’il n’y a aucun problème ailleurs. « Le principal défi est la modernisation de nos 10 milliards d’euros de patrimoine », patrimoine comportant des réseaux dont la durée de vie avoisine le siècle et dont la planification doit pourtant être optimisée de manière très précise. Ce travail porte ses fruits : en 15 ans, Paris améliore son rendement de 15 points pour avoisiner les 95%. Ce succès, conjugué à la baisse généralisée des consommations d’eau conduit à la réduction de la production quotidienne de 1,2 millions de m3 à 700 000 m3. M. Jacque note également que le principe de « l’eau paie l’eau », conjugué à la baisse des volumes, entraîne une tendance à la baisse de la capacité d’investissement. Il insiste enfin sur la nécessaire amélioration de la qualité de la ressource, que ce soit en amont par la protection des captages, dont « le principal défi est sociétal plutôt que technique », et en aval par les avancées en matière de traitement des eaux pluviales et de maîtrise des déversements directs au milieu.

Isabelle Kocher rebondit sur ce dernier point en mettant en avant les efforts des opérateurs en matière de protection du milieu et par là même de la ressource. En région parisienne, la quantité d’eaux usées non traitées (principalement les eaux pluviales déversées directement au milieu) est passée de 15 millions de m3 à 5 millions de m3 en quinze ans. Même si les résultats pour Paris sont très bons, Mme Kocher insiste sur l’importance de réduire les pertes en améliorant l’efficacité des réseaux par un effort de diagnostic permanent qui s’appuie sur le développement de technologies telles que les sondages acoustiques ou la lecture en continu des consommations. Il faut également repenser les usages et s’interroger sur la pertinence de l’utilisation d’eau potable pour l’arrosage par exemple. Mme Kocher a ensuite fait le lien entre l’enjeu de préservation de la ressource et la nécessité de repenser le modèle économique du secteur. « L’intéressement au volume doit en effet progressivement céder la place à l’intéressement à la performance, par exemple sur les efforts de récupération d’énergie dans les réseaux d’eau usée ». Enfin, elle met la lumière sur l’un des enjeux les plus sous-estimés du secteur, à savoir la compréhension par le grand public, mais également par d’autres parties prenantes publiques ou non, que le prix de l’eau n’est que l’expression de ses multiples composantes et qu’il y a de multiples bonnes raisons pour lesquelles l’eau a un prix.

Pascal Guasp, Président d’une PME (Eau Pure) et Président du SIEP, insiste sur l’importance des efforts d’investissement sur l’assainissement, principal levier de réduction des rejets au milieu. Il ajoute que « les principaux leviers sont le développement des technologies de filtration membranaire et de la gestion informatique des réseaux ». M. Guasp mentionne également l’importance de préserver l’accès au marché des PME pour stimuler l’innovation, en s’appuyer justement sur des pôles tels que Durapole, dont Eau Pure et Watchfrog font partie.

Mathieu Roynette, auteur du livre 100 pionniers pour la planète, propose deux exemples à l’étranger pour illustrer les propos tenus préalablement. Le programme TZED de la ville de Bengalore en Inde, par exemple, consiste à construire des ensembles d’appartements autonomes en eau, grâce notamment à la récupération de l’eau de pluie, à l’installation de jardins filtrants et d’équipements de stockage et de traitement. La ville de Tokyo fait face à un défi d’une autre taille : celui de produire de l’eau pour 12 millions d’habitants, soit 35 millions de m3 par jour transitant par 27 000 km de réseau. Les efforts de réduction des pertes au prix d’un surcoût annuel de 50 M€ ont permis de passer d’un taux de 20% de pertes à 3% en moins de 20 ans, pour une économie annuelle estimée à 150 M€.

A ce stade, une première question porte sur l’influence de la baisse de la capacité d’investissement – résultant de la baisse des volumes et des recettes correspondantes – sur la stimulation de l’innovation. M. Jacque intervient pour indiquer que la Ville de Paris finance des innovations et se montre très ouverte à des expériences prometteuses, tout en laissant de plus en plus la place aux PME pour qu’elles y jouent un rôle. Ainsi, il y a à ce jour d’importants besoins en métrologie. Par ailleurs, en parallèle des efforts de modernisation des stations d’épuration, la Ville investit pour trouver des solutions préventive en amont de la filière de rejet d’eaux usées, en investissant par exemple pour améliorer l’efficacité des bacs à graisses des restaurateurs. Il mentionne également le besoin de trouver des solutions innovantes à des enjeux qui ne sont aujourd’hui que pas ou très peu abordés, tels que les nombreuses canalisations au plomb qui subsistent dans les réseaux privatifs (les réseaux collectifs devant être libres de plomb d’ici 2013).

M. Guasp rebondit sur le rôle des PME pour rappeler que l’Eau Pure est un des leaders en matière de traitement de l’arsenic, avec de nombreux projets, par exemple au Vietnam avec l’appui de fonds publics français. Ce dernier point lui permet de rappeler les clés du succès de PME similaires : l’accès à ce type de financement publics bilatéraux , mais également la présence d’institutions telles qu’OSEO qui facilite la recherche d’investissements et surtout la fédération des efforts, par exemple au sein de Durapole.

M. Roynette ajoute un dernier exemple, une initiative d’une simplicité lumineuse : Irrigasc, entreprise fondée au Sénégal, a eu l’idée d’amener l’eau directement aux racines, les encourageant à chercher l’eau en profondeur et à renforcer leur autonomie par la même occasion. L’adjonction d’un embout long, flexible et troué à un pot en terre suffit, l’ensemble étant ensuite enfoui près d’une plante.

En réponse à une question sur les barrières au développement du dessalement en France, Mme Kocher rappelle qu’il n’y aucun blocage réglementaire ou financier, et que certaines collectivités concernées sont confrontées à une décision classique d’investissement : devraient-ils favoriser l’adduction, les captages supplémentaires ou le dessalement ?

Cette question amène indirectement la question suivant qui porte sur les pistes pour « réinventer le partenariat entre les autorités publiques et les opérateurs privés ». M. Jacque rappelle que la Ville de Paris intègre de mieux en mieux la performance au sein de ses relations avec les délégataires. Mme Kocher ajoute que c’est l’élu qui a la responsabilité ultime sur la ressources mais qu’il devient nécessaire de « reposer sereinement les contours du débat sur le prix de l’eau ».

Cet échange marque la fin de la table ronde.

La troisième et dernière partie de la conférence, portant sur une analyse financière mondiale des cleantechs dans le domaine de l’eau, est confiée à Assaf Barnea, CEO de Kinrot Ventures, qui s’attarde principalement sur deux points : l’entrée en 2004 de GE et Siemens dans le marché très conservateur et fragmenté de l’eau, événement qui a fortement marqué les esprits et attiré les investisseurs, et le besoin d’avoir un partenaire/client solide. En Israël, l’eau est un enjeu économique et stratégique de première importance, ce qui a favorisé l’émergence d’innovations telles que l’irrigation au goutte-à-goutte, mais il faut également rappelé que c’est une unique autorité concédante nationale, Mekorot, qui est responsable de la gestion de la ressource. La conjugaison de ces deux facteurs a favorisé l’émergence d’une activité foisonnante dans le secteur, Mekorot étant un partenaire/client de choix qui à la fois peut soutenir de telles activités et leur offre un débouché significatif. M. Barnéa conclut en indiquant ce qui constitue à ces yeux les facteurs clés de succès de l’émergence d’investissements significatifs dans les Water Tech :
– revoir les stratégies de sorties en en prolongeant l’échéance ; contrairement aux technologies « high tech » dont la « exit strategy » n’excède pas un an, les « low tech » que sont les technologies de l’eau nécessitent une période de maturation et d’entrée sur le marché plus longue
– Instaurer une philosophie de partage des coûts et des bénéfices, malgré la difficulté de s’entendre sur les règles d’établissement du référentiel de calcul.

Suite à l’intervention de M. Barnea, Florent Barnabé invite à la tribune Hubert Duault, Directeur Général de Paris Développement, et Richard Youngman, Directeur Associé du Cleantech Group pour l’Europe, pour annoncer le choix de la ville de Paris pour la tenue du Cleantech Forum Europe 2010. M. Youngman a précisé que « le choix de Paris témoigne du rôle important que commence à jouer la capitale pour favoriser l’émergence d’un tissu économique d’ampleur dans les cleantechs et stimuler la création de richesse dans ce secteur ». Pour sa part M. Duault, a rappelé que « la tenue du Cleantech Forum à Paris en 2010 vient couronner un an de travail collaboratif avec le Cleantech Group en tant que partenaire fondateur de l’initiative INNOV’ECO, et témoigne du bien fondé et du succès de cette initiative ».

En refermant cette plénière consacrée à l’eau, Florent Barnabé rappelle que si INNOV’ECO est un lieu d’information et de débat, c’est aussi un lieu de rencontre, afin d’introduire la partie de la matinée consacrée au « networking » et aux rencontres d’affaires autour d’un buffet déjeunatoire bio et, ce qui est une nouveauté, autour de la vitrine cleantech des PME membres de Durapole, pour une démonstration live d’éco-technologies.

> Voir les PME de la vitrine cleantech d’INNOV’ECO (démonstration live d’éco-technologies le 24 septembre)

> Découvrir les données clés sur l’eau

> Lire l’article thématique « une place pour les Blue techs » par GreenUnivers pour INNOV’ECO

> Présentation et programme du 24 septembre