Green building – mars 09

Pour son lancement le 5 mars 2009 à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine – Paris, INNOV’ECO comptait près de 300 participants pour la matinée consacrée au marché francilien du bâtiment propre et économe – Green building
Avec 45 % des consommations d’énergie et 25 % des émissions de CO2 françaises, le bâtiment, thème de cette première rencontre INNOV’ECO, représente en effet un des principaux leviers de progrès environnemental face aux urgences énergétiques et climatiques. C’est aussi un marché sur lequel les collectivités ont un rôle majeur à jouer. La ville de Paris a ainsi prévu de faire réaliser le diagnostic thermique de 3.000 bâtiments publics en trois ans et de rénover 4.500 logements sociaux. Et Christian Sautter* d’observer que, si les grands groupes sont les plus concernés par la construction de bâtiments neufs, la rénovation de l’existant profitera aux PME « comme ce fut le cas lorsque Malraux a déclaré le ravalement obligatoire ». Pour lui, les éco-activités sont « un rayon de soleil dans la grisaille actuelle et les participants à INNOV’ECO devraient être revigorés de constater qu’ils sont nombreux à y travailler et à y croire ».
En conclusion de la plénière d’INNOV’ECO, Jean-Louis Missika** a insisté sur « le rôle déterminant des pouvoirs publics dans le contexte actuel de crise ».
*adjoint au mairie de Paris pour le développement économique, l’emploi et l’attractivité internationale et Président de l’agence Paris Développement – Propos recueillis par Dominique Pialot pour La Tribune.
**adjoint au maire de Paris chargé de l’innovation, de la recherche et des universités
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Interviews réalisées lors d’INNOV’ECO :
Intervenants de la matinée :
Accueil et présentation de la matinée :
Florent BARNABÉ, en charge du pôle éco-innovations à Paris Développement, initiateur d’INNOV’ECO, et représentant du comité de pilotage
Intervenants
Mot d’un partenaire fondateur :
Richard YOUNGMAN, Managing Director, Cleantech Group
Retour d’expérience à l’étranger :
Marja LUNDGREN, Architect and environmental consultant at White arkitekter, Sweden
Table ronde
Animée par :
Eric DUVAUD, Associé Ernst & Young
Autour des invités :
Damien LAMBERT, Président Fondateur d’Amoes
Dominique SELLIER, Agence Régionale de l’Energie et de l’Environnement (ARENE)
Catherine BARBÉ, Ville de Paris – Institut de la Ville Durable
Frédéric UTZMANN, Directeur External Venturing – Saint-Gobain
Yasmine MANSOURI, Elan
Magazine de l’éco-innovation
Jean-Michel DALLE, Directeur général de l’incubateur Agoranov
Conclusion de la plénière
Jean-Louis MISSIKA, Adjoint au maire de Paris chargé de l’innovation, de la recherche et des universités
Compte rendu de la table ronde proposé par GreenUnivers :
Le bâtiment « vert » : un formidable enjeu pour l’Ile-de-France
La transition vers des bâtiments « verts » ? C’est un défi colossal pour l’Ile-de-France autant qu’une opportunité pour ses entreprises, selon les experts réunis pour la première conférence INNOV’ECO du 5 mars.
La région concentre 20% de la population française et 15% de la consommation énergétique nationale, avec 24,6 millions de tonnes équivalent pétrole par an. Avec les transports, le bâtiment est l’un des secteurs les plus énergivores. Il génère 22% des émissions de gaz à effet de serre du pays. Avec la loi sur le Grenelle de l’environnement, il va devoir faire sa révolution verte.
Pour la région francilienne et ses 700 millions de m2 de bâtiments, l’enjeu est crucial. « L’ancienneté des constructions rend le chantier complexe. 70% de l’habitat a été construit avant la première législation thermique de 1975 », souligne Dominique Sellier, responsable du pôle prospective à Agence Régionale de l’Energie et de l’Environnement (Arene). A Paris même, les trois quarts du parc immobilier datent d’avant la seconde guerre mondiale. « Le taux de renouvellement est très faible : moins de 0,5% par an, précise Catherine Barbé, chargée par le Maire de Paris de la préfiguration de l’Institut de la Ville Durable. Ce parc affiche pourtant des performances énergétiques assez bonnes, avec une moyenne de 247 kWh/M2/an ». Il faudra pourtant faire mieux : la loi Grenelle de l’environnement impose des normes ambitieuses pour les prochaines années, avec par exemple un objectif de 150 kWh/m2/an en 2020 pour une partie des bâtiments anciens.
Des initiatives commencent à apparaître. La ville de Limeil-Brevannes, près de Créteil dans le Val-de-Marne, a inauguré en 2007 le premier bâtiment public à énergie positive de France, une école maternelle recouverte de panneaux photovoltaïques. Et dans quelques semaines, la commune commencera la construction d’un éco-quartier dont tous les bâtiments seront à énergie positive.
Pour répondre à ces nouveaux besoins, l’offre est en train de se structurer. « Quatre grandes activités sont nécessaires : le conseil/ingénierie/bureaux d’étude, la production industrielle, l’installation et enfin la maintenance et l’exploitation. Elles sont plutôt bien représentées en Ile-de-France, surtout la première. C’est un gisement très favorable pour les PME et les grands groupes », reprend Dominique Sellier. Il reste encore des besoins : « on manque de maîtres d’œuvre capables de faire le lien entre les architectes, les bureaux d’étude et les artisans, les trois grandes professions impliquées. Nous devons mieux intégrer les savoir-faire pour bien accompagner les projets », observe Damien Lambert, président de la jeune entreprise innovante et bureau d’études Amoes, créé en 2007.
Si pour le neuf et les bâtiments publics, l’intervention d’un maître d’œuvre est habituelle, elle n’est pas du tout évidente pour l’ancien, où la moyenne des travaux oscille entre 15 000 et 30 000 euros. Pour les chantiers résidentiels, le rôle des artisans est crucial. Mais beaucoup n’ont pas encore le réflexe de « vendre » la performance énergétique à leurs clients ou ne sont pas assez encore formés dans ce nouveau domaine.
Sur le plan technique, les contraintes sur l’ancien sont fortes. « Pas question de faire une isolation extérieure sur un immeuble haussmannien ou d’installer des panneaux photovoltaïques sur les toits de Paris », résume Frédéric Utzmann, directeur du département External venturing de Saint-Gobain, qui assure l’interface entre le groupe et les start-up. Les solutions existent, mais sont chères à développer. « Il faut souvent les développer sur des niches avant de les adapter à une production de masse, moins coûteuse », poursuit Frédéric Utzmann. Saint-Gobain a, par exemple, conçu un vitrage électroactif pour les voitures, qui fonce ou s’éclaircit en fonction des besoins. Expérimenté sur les Ferrari, il est aujourd’hui en cours d’adaptation pour le bâtiment.
Le coût reste bien l’un des principaux obstacles à la révolution verte. « 66% des immeubles parisiens sont des copropriétés : il n’est pas facile de faire voter des travaux de rénovation thermique, dont la rentabilité ne saute pas toujours aux yeux des propriétaires », note Catherine Barbé.
Les solutions passent par les aides publiques, comme le nouveau éco-prêt à taux zéro (d’un montant maximum de 30 000 euros) pour les travaux de rénovation thermique, mis en place récemment par le gouvernement.
La commande publique est aussi un formidable levier. « A Paris, elle représente 1,5 milliard d’euros par an. Et la ville a prévu d’investir 8,4 milliards d’euros durant la mandature, dont une partie profitera au bâtiment. Dans le contexte actuel de crise, le rôle des pouvoirs publics est déterminant », rappelle Jean-Louis Missika, adjoint au Maire de Paris, chargé des Universités, de la Recherche et de l’Innovation.
La capitale compte 170 000 logements sociaux, soit 16% du parc de logements et il est prévu de passer à 20% d’ici à 2014, à la fin de la mandature actuelle. Sans compter les quelque 3 000 bâtiments publics. De quoi dynamiser le marché du bâtiment vert à Paris et en Ile-de-France.
> Lire l’interview de Dominique Sellier, expert bâtiment de l’ARENE, par GreenUnivers pour INNOV’ECO
> Découvrir les chiffres clés du bâtiment vert francilien
> Lire l’interview de Walid Malouf (Fondation Clinton)
> La Tribune parle d’INNOV’ECO (article du 5 mars 2009)
Retrouvez prochainement un compte rendu multimédia complet de l’édition INNOV’ECO du 5 mars sur le marché francilien du bâtiment propre et économe – Green building





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