Ils n’étaient que quelques centaines de milliers au début du siècle, mais en 2050, 70% de l’humanité vivra dans des villes, soit 6,3 milliards de personnes, contre 3,5 milliards aujourd’hui. Seule une gestion intelligente de toutes les infrastructures permettra de manœuvrer ces centaines de mégapoles de plusieurs millions d’habitants sans trop émettre de CO2.

Il faudra en particulier combiner un système global de gestion des données et des millions de capteurs, qui en temps réel prendront le pouls de l’air, de l’eau, du temps, de l’énergie consommée, de la chaleur des bâtiments, des flux de déplacement, des déchets… Le marché des technologies gérant ces « Smart Cities » devrait quadrupler dès 2020, pour atteindre 2.100 milliards de dollars. Et selon l’institut Pike Research, le coût du seul système d’information représentera un marché de 16 milliards de dollars en 2020.

Un maelström technologique

Ce vaste maelström technologique révolutionnera les transports, pour mettre en corrélation en temps réels les personnes et les moyens de déplacements, afin d’optimiser leur utilisation et d’économiser les ressources. Un système qui pourra aller jusqu’à la gestion des places de parking – un capteur repère une place vide, et le signale au système qui peut ainsi guider les conducteurs.

Un tel dispositif est déjà expérimenté à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) par la start-up parisienne SmartGrains, lauréate du Grand Prix de l’Innovation 2009 de la Ville de Paris. Collés au sol, les capteurs – appelés aussi grains – détectent l’arrivée et le départ d’un véhicule sur les places, et relayent l’information par des technologies sans fil, de capteur en capteur, jusqu’à ce que celle-ci parvienne à un serveur central. De là, un conducteur peut savoir rapidement où sont les places disponibles, grâce à un logiciel embarqué dans des terminaux mobiles, type iPhone, ou grâce à des panneaux signalétiques (parkings privés). De quoi gagner du temps sur la conduite et donc de réduire aussi les émissions de CO2.
Issy est d’ailleurs plus globalement la ville test d’expérimentation de mise en place d’un réseau intelligent à l’échelle de la ville, baptisé surnommé IssyGrid, un projet mené par neuf partenaires industriels (Bouygues Microsoft, Bouygues Immobilier, Bouygues Telecom, Schneider Electric, Total, Alstom, ERDF, ETDE et Steria). Les premiers résultats seront présentés fin 2011.

Le rôle des objets communicants

Les smartphones joueront un rôle déterminant dans ces nouvelles communications. Fin 2010, on recensait 5,3 milliards de téléphones mobiles – 77% de la population – et le début de l’internet des objets communicants, avec des échanges M2M (« machine to machine) qui deviennent réalité, après avoir été longtemps rêvés par les auteurs de science-fiction.

D’ici 2014, le nombre d’objets communicants devrait atteindre 412 millions, dont les capteurs sans fil, les compteurs intelligents, et les appareils électroménagers communicants, selon une étude de la CTIA (Fédération américaine des communications sans fil).

Des applications multiples

Autres applications appelées à se développer, la gestion de l’analyse des sols et des microclimats locaux, pour une agriculture plus raisonnée, grâce à des capteurs d’humidité ou de température capables par exemple de déclencher une irrigation à la moindre gelée. Cisco est en train de déployer un réseau de capteur à la surface de la Terre surnommée la « Peau planétaire » (“Planetary Skin”) pour effectuer en temps réel toute une série de relevés.
En France, la start-up Force-A, implantée à Orsay (Essonne), a développé une technologie de rupture pour établir un diagnostic en temps réel du monde végétal (vignes, céréales, plantes…). Elle utilise des capteurs qui mettent en œuvre une technologie optique basée sur la fluorescence des plantes, alors que les méthodes traditionnelles sont basées sur la réflectance des plantes. Résultat : les informations collectées sur la concentration de différentes molécules sont beaucoup plus riches. Force-A recueille dix à douze signaux au lieu d’un ou deux avec des technologies classiques.

Il faudra aussi bien sûr gérer la congestion des rues, car qui dit multiplication des citadins dit davantage de voitures et donc d’embouteillages. Capteurs sans fil et informatique permettent aussi d’ores et déjà de mieux gérer les micropollutions. Mais l’intégration des puces informatiques dans toute sorte d’objets multipliera les possibilités : vêtements, et même animaux domestiques pourront demain servir de supports!

 

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