Triplement du marché photovoltaïque français



solaireLe marché français du photovoltaïque a triplé de taille en 2008 : 105 MW ont été installés, dont 75 en métropole et 30 dans les DOM-TOM, contre seulement 35 MW en 2007. La France dispose désormais d’un parc installé de 175 MW, selon un bilan du Syndicat des énergies renouvelables.

80% des installations concernent des panneaux PV pour les particuliers, qui bénéficient du tarif d’achat obligatoire et d’un crédit d’impôt. Porté par ces avantages, ce segment du marché connaît un décollage rapide et les perspectives pour 2009 des principales entreprises, dont le leader Evasol, sont très optimistes.

Les installations sur les grandes toitures (bâtiments commerciaux et industriels) ont également commencé à apparaître en 2008, et elles devraient se développer cette année grâce aux mesures annoncées par le gouvernement, et notamment l’instauration d’un tarif d’achat pour les entreprises.

De grandes centrales au sol ont également commencé à voir le jour, dont  celle de 7 MW mise en service en décembre par EDF EN dans l’Aude, la plus grosse installation de France métropolitaine. Et le gouvernement souhaite la construction d’au moins une centrale PV par région d’ici à 2011.

1 500 emplois directs ont été créés l’année dernière par les entreprises adhérentes au Syndicat des énergies renouvelables (70% du marché), qui prévoient autant d’embauches en 2009. Le nombre d’emplois directs de la filière s’élève aujourd’hui à plus de 4 000, quatre fois plus qu’en 2004. Le Grenelle de l’environnement prévoit un parc de 5 400 MW en 2020.

Malgré cette progression, la France reste très à la traîne au niveau européen. L’Espagne a installé 3,1 GW supplémentaires d’énergie solaire PV en 2008, selon la Commission nationale de l’énergie. Ce qui lui a permis de rafler la première place mondiale à l’Allemagne, qui disposait fin 2007 de 1,1 GW de solaire et en aurait installé 1,35 GW supplémentaire en 2008.

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Les capitaux-risqueurs misent sur le bâtiment “vert”



greenbuilding2009 pourrait être un très bon cru pour les investissements dans le bâtiment « vert », selon les prévisions du Cleantech group.

En 2008, les investissements des capitaux risqueurs dans le monde dans ce secteur ont bondi à 364 millions de dollars, en hausse de 36% par rapport à 2007 où ils avaient atteint 299 millions.

Ils ont représenté 5% des investissements globaux des capitaux risqueurs dans les cleantech. Ces derniers ont culminé à un record de 8,4 milliards de dollars. C’est le 5ème secteur qui a attiré le plus d’argent, derrière le solaire, les biocarburants, les transports (dont les batteries et piles à combustible) et l’éolien.

La plus grosse partie des fonds est allée à des sociétés spécialisées dans l’éclairage des bâtiments (environ 170 millions de dollars), devant celles travaillant sur l’enveloppe et l’isolation (plus de 100 millions). En troisième position, on trouve les systèmes de ventilation et air conditionné.

Si les investissements globaux dans les cleantech devraient retomber cette année à 7 milliards de dollars, selon le Cleantech group, le bâtiment « vert » est l’un des secteurs les mieux positionnés pour résister à la crise. Le bâtiment est en effet un gros émetteur de CO2 et c’est dans ce domaine que l’amélioration de l’efficacité énergétique peut être la plus forte.

Aux Etats-Unis, le plan de relance de Barack Obama prévoit 6,2 milliards de dollars pour améliorer l’efficacité énergétique des logements des foyers à revenus modestes.

Et en France, les projets de loi issus du Grenelle de l’environnement prévoit aussi de gros investissements pour la rénovation thermique des bâtiments. 205 milliards d’euros devraient être mobilisés pour le bâtiment d’ici à 2020, ce qui permettra de créer 235 000 emplois, selon l’étude d’impact réalisée par le ministère de l’Ecologie.

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Air Liquide, « le » Français du solaire



airliquide1-211x300C’est le français Air Liquide qui, en pleine crise, réalise l’un des plus gros investissements dans les greentech de ces dernières semaines. Ce spécialiste des gaz spéciaux, qui revendique la place de leader mondial des gaz pour cellules solaires, investit 40 millions d’euros pour des sites de production d’azote, d’hydrogène, de monosilane et d’autres gaz, qu’il installe généralement sur le site même de production des cellules.

Air Liquide dit avoir pour clients plus de la moitié des 10 principaux fabricants de cellules solaires en silicium et plus de 40% des usines de cellules solaires à couches minces dans le monde. Le groupe a conclu ces derniers mois une dizaine de nouveaux contrats en Europe, aux États-Unis et en Asie, avec des fabricants de cellules photovoltaïques, correspondant à plus de 4 GW de capacité.

Le marché mondial du monosilane, utilisé pour les cellules solaire et les écrans plats, croît de plus de 25% par an, tiré par la demande du solaire. Air Liquide en est leader mondial avec plus de 35% du marché.

Air Liquide est en particulier le partenaire du leader allemand de la fabrication de cellules, Q-Cells : il a installé des unités de production de gaz à Thalheim Solar Valley Park, en Allemagne, où sont basées les six lignes de production de cellules en silicium de Q-Cells et les trois entreprises de cellules à couches minces associées à Q-Cells.

Air Liquide approvisionnera prochainement pour tous les gaz la nouvelle usine de silicium multicristallin de Q-cells en Malaisie. Q-Cells prévoit de faire passer sa capacité de production mondiale de 800 MW en 2008 à plus de 1,3 GW d’ici fin 2009.

Air Liquide a également renforcé ses liens avec l’américain REC Group, numéro un mondial de la production de matériaux en silicium pour le solaire photovoltaïque. REC, le plus gros producteur de monosilane, qu’il utilise pour sa propre production de silicium, en fournira à Air Liquide qui pourra ainsi doubler ses capacités de fourniture.

À Nan’Chang, en Chine, Air Liquide a gagné un gros contrat avec Best Solar pour ce qui est, à ce jour, le plus ambitieux projet de production de cellules à couches minces de Chine, avec une production initiale de 330 MW. Et à Taïwan, Air Liquide a signé un contrat de fourniture avec Sunwell-CMC, leader taïwanais de la fabrication de cellules solaires à couches minces (120 MW de capacité).

Les rivaux d’Air Liquide développent eux aussi leur production de gaz spéciaux pour cellules photovoltaïques, en particulier du monosilane, utilisé pour les cellules à couches minces : le japonais Tayio Nippon y a investi 200 millions de dollars en décembre (voir notre revue des deals du 22 au 29 décembre) et Hemlock, filiale du groupe chimique américain Dow Corning et de partenaires japonais, un milliard de dollars mi-décembre.

Un rush logique, alors que la production de cellules PV est en pleine augmentation, avec, à la clé, une prévisible baisse des prix et des marges annoncée par tous les experts.

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Des investissements massifs pour des bâtiments économes en énergie



parisbatLe bâtiment est  au coeur du projet de loi dit Grenelle 2, adopté le 7 janvier dernier en Conseil des ministres.

Ce texte comprend pas moins de 104 articles qui déclinent les mesures concrètes pour atteindre les objectifs fixés dans le projet de loi de programmation (Grenelle 1), déjà adopté par l’Assemblée nationale et examiné par le Sénat à partir du 27 janvier.

Les principales dispositions concernent le bâtiment, l’urbanisme, les transports, l’énergie la biodiversité et la santé environnementale.

Pour le bâtiment, des dispositions prévoient une amélioration de la performance énergétique : obligation d’engager des travaux d’amélioration de la performance énergétique des bâtiments tertiaires à compter de 2012, possibilité pour les copropriétés de voter des travaux de rénovation thermique y compris dans les parties privatives…

Des mesures en faveur du développement des transports collectifs urbains figurent aussi au menu : les collectivités locales seront compétentes pour développer de nouveaux modes de transport comme l’auto-partage, extension de la procédure d’urgence pour construire des infrastructures de transport collectif…

En ce qui concerne l’énergie, les entreprises de plus de 500 salariés et les collectivités de plus de 500 000 habitants auront l’obligation de dresser leur « bilan carbone », un outil déjà en plein essor. Le dispositif des certificats d’économies d’énergie est par ailleurs étendu aux fournisseurs de carburant, de même que les actions donnant droit à ces certificats (formations…).

Toutes ces mesures auront des impacts économiques importants. Selon l’étude d’impact réalisé sur le projet de loi de programmation Grenelle 1, ce sont 440 milliards d’euros qui seront investis entre 2009 et 2020. Et à la clé, 535 000 emplois sont attendus.

Le bâtiment se taille la part du lion : il devrait mobiliser 205 milliards d’euros d’investissement à lui seul, ce qui permettra de créer 235 000 emplois. Un véritable bol d’air pour le secteur alors que le marché de l’immobilier est en crise et que les mises en chantier diminuent depuis plusieurs mois.

Face à cet enjeu, le bâtiment se mobilise pour former la main-d’œuvre nécessaire, qui pourrait se révéler insuffisante. Sous l’égide des pouvoirs publics, un dispositif national baptisé FEE Bat (Formation aux économies d’énergie des entreprises et artisans du bâtiment), qui réunit de multiples acteurs comme la Fédération française du bâtiment, la Capeb (artisans), l’Ademe ou EDF, a été mis en place début 2008. Objectif : monter des cursus permettant aux professionnels de s’adapter à l’amélioration énergétique des bâtiments. L’objectif est de former 50 000 personnes d’ici à fin 2009.

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Une chaire sur les éco-innovations en Ile de France



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Former des spécialistes du management de l’innovation spécialisés dans les éco-technologies. C’est l’objectif d’une chaire à vocation internationale, “Generating Eco-Innovation”, qui sera lancée en 2009 par le Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (Pres) UniverSud Paris, en Ile de France.

Ce projet ambitieux est né d’un double constat : ” dans les prochaines années, les écotechnologies vont être l’un des domaines les plus fertiles en dépôts de brevets, en activité économique et en création d’emplois. Or, la France ne possède pas un grand centre de recherche pluridisciplinaire sur les éco-technologies avec des laboratoires et des entreprises réunis”, observe Sylvie Faucheux, présidente de l’université de Versailles-Saint-Quentin en Yvelines, membre du Pres.

Plusieurs partenaires participent à la création de cette chaire. D’abord, le Pres, qui regroupe plusieurs établissements prestigieux : l’université Paris-Sud 11, l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, l’ENS de Cachan, Supélec et l’école centrale de Paris. Une force de frappe qui représente 12% du poids de la recherche publique en France avec 200 laboratoires, 5 500 enseignants chercheurs, 3 200 doctorants et 50 000 étudiants. “Nous couvrons des champs très larges. C’est un atout car l’éco-innovation est très diffuse. Nous allons réunir des compétences pluridisciplinaires dans les NTIC, la chimie verte, les matériaux, la mécanique… Tout ce qui concerne l’environnement dans nos laboratoires sera mobilisé autour de la chaire”, poursuit Sylvie Faucheux.

Le Pres s’engage à hauteur de 350 000 euros en 2009, année de démarrage, puis de 500 000 euros les années suivantes en mise à disposition de personnel, de locaux…

De l’autre côté du berceau, cinq grandes entreprises :  Alstom, GDF-Suez, Italcementi, Saur et la SNCF. Chacune s’engage pour quatre ans, avec un ticket d’entrée de 40 000 euros en 2009 puis 80 000 les suivantes. Outre leur participation à la chaire, elles bénéficieront des compétences des laboratoires du Pres en matière d’environnement.

Enfin, des capitaux-risqueurs sont également associés à la chaire : ils interviendront dans les cours sur le financement des entreprises et apporteront leur expertise d’investisseur sur les projets développés au sein de la chaire. “Ce sera aussi un moyen pour eux de récolter des informations sur les recherches en cours, les options technologiques ou les solutions les plus innovantes qu’ils maîtrisent mal alors qu’ils investissent beaucoup dans les éco-technologies”, observe Sylvie Faucheux.

L’objectif de la chaire est de former non pas des chercheurs spécialistes du stockage du CO2 ou des éco-matériaux mais des cadres internationaux capables d’assurer l’interface entre le monde de la recherche, celui de l’entreprise et du capital-risque. A partir de la rentrée 2009, environ 25 étudiants de tous pays intégreront le cursus, qui délivrera un Master de niveau 2. La formation sera ouverte à un large public de diplômés en sciences exactes, économie, gestion, sciences biomédicales… Les cours seront en anglais et porteront sur le financement, la valorisation, la recherche de débouchés… Ils effectueront 500 heures de présence par an et un mi-temps dans les entreprises partenaires, où ils pourront développer des projets concrets, par petits groupes. Deux doctorants et deux post-docs seront également recrutés. L’enseignant titulaire de la chaire est actuellement en cours de recrutement au niveau international.

Des sessions de formation continue seront également lancées dès 2009 avec les industriels associés. Par exemple, sur les éco-matériaux ou les éco-quartiers avec Italcementi.

La chaire veut aussi susciter des créations d’entreprises dans le domaine de l’environnement, sur des nouveaux produits ou services. Ils bénéficieront de l’appui des capitaux-risqueurs.

En rassemblant des compétences pluridisciplinaires, la chaire pourra également conseiller sur les opportunités et les risques liés à un projet d’éco-innovation. La finalité étant bien de devenir un centre d’excellence mondial pour la formation et l’expertise sur les éco-innovations, depuis leur émergence jusqu’à leur mise sur le marché. “Même si les pays anglo-saxons ou nordiques sont en avance sur nous en matière de management de l’innovation, ce que nous voulons construire est assez unique, car notre réunit de multiples facettes”, estime Sylvie Faucheux.

Konarka, la start-up du solaire « mobile » qui a séduit Total



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Après 7 ans de recherche, Konarka, le fabricant américain de panneaux solaires flexibles dans lequel Total vient d’investir 45 millions de dollars, va commencer à livrer ses produits dans quelques jours, a déclaré son PDG Rick Hess dans une interview au Boston Business Journal.

Konarka fabrique des cellules photovoltaïques “mobiles” que la société veut placer partout : sur les sacs à dos, les tentes, les chargeurs de batteries, les téléphones ou ordinateurs portables, les voiliers, les lampadaires publics, les enseignes lumineuses… Tous ces supports seraient ainsi auto-alimentés en énergie. Cette société est issue d’un essaimage de l’Université de Massachusetts-Lowell et emploie 70 salariés.

Konarka a ouvert en octobre une usine qui vise à produire 1 GW par an d’ici à 2010. Ses cellules solaires utilisent des matériaux à base de carbone, moins coûteux que les minéraux comme le cuivre, le cadmium ou le silicium, et qui sont « imprimés » par des imprimantes sur n’importe quel support, y compris flexible.

Mais le rendement (le taux de conversion de la lumière solaire en électricité) de ces panneaux photovoltaïques dits “organiques” est faible – 5% seulement contre environ 10% pour les cellules à couche mince en CIGS ou 20% pour des panneaux en silicium classiques. Konarka espère atteindre 10%, voire 15%, de rendement à terme.

Jusqu’ici Konarka (dont le directeur scientifique est un Nobel de chimie) a reçu plus de 145 millions de dollars de financements.

Via son investissement en décembre dernier, Total en est devenu le premier actionnaire avec une participation de près de 20% . Le pétrolier français est déjà présent dans la filière des panneaux photovoltaïques au silicium cristallin via ses participations dans Tenesol (avec EDF) et Photovoltech (aux côtés de GDF Suez). Et il a acquis, fin 2007, 25% du capital de la société suisse Novacis, spécialisée dans les cellules PV à couches minces.